On poussa toute la barre à l'autre bord, & par ce moien le navire lança. Men liet 't roer van het eene boord aan het ander leggen, waar door het schip een gier maakte.
Cela se dit d'un vaisseau qui est à l'ancre.
Dès que toutes ces choses sont en état, on fait de promts éforts pour faire couler le vaisseau: parce que s'il demeuroit quelque tems sans apui, & suporté tout entier par la quille seule, il pourroit soufrir, & recevoir quelque incommodité. Que si, par quelque raison, l'on est obligé d'atendre, il faut y remettre des étances. Tous les bois qu'on met sous le bâtiment, & sur lesquelles il doit glisser doivent être mouillez, de peur que le choc ne produise du feu.
Les Portugais mettent leurs vaisseaux sur le chantier tout autrement que les autres nations; car cést l'arriére du vaisseau qui est en bas & du côté l'eau, & qui y descend le premier. Ils prétendent par ce moien éviter divers inconveniens qui arivent dans le lancement.
Au bourg de Sardam, dans la Nord-Hollande, où il y une très-grande fabrique de vaisseaux, on est obligé de les faire passer sur une digue, pour les conduire à l'eau. Cette digue s'élève en talus des deux côtés, & est bien pavée & frotée d'oint. On amarre deux cordes à l'étrave, en deux endroits, & autant à la quille, qui passent par divers vindas, ou cabestans, en chaucun desquels il y a deux poulies, & trois rouëts en chaque poulie; & il y a vingt à trente hommes qui virent ces machines; & si l'on craint que le bâtiment ne recule, on le retient avec des cordes dont il est cintré à l'arriére. Mais il faut aussi qu'il soit bien apuïé d'étances en dedans, qui prennent sur la carlingue, & qui aillent donner contre les courbes, & cela de biais, & non pas en ligne droite. Il faut aussi prendre garde que les cordes dont il a été parlé, qui sont dans la quille & dans l'étrave, autour des chevilles de fer qu'on y a frapées, soient bien ferrées contre l'étrave & contre la quille, & mises ensorte qu'elles fassent leur éfet à la fois & conjointement, parce que sans cela le vaisseau en pourroit soufrir de l'incommodité. Il est dangereux de faire passer les vaisseaux sur cette digue par un tems bien sec, & quand on y est obligé il ne faut pas manquer d'oindre & humecter le pont à rouleaux & le moulinet plusieurs jours avant que de l'entreprendre. Les cabestans ne virent d'abord que fort lentement, & jusques-à-ce que le vaisseau soit guindé au plus haut, mais quand il y est, & qu'il commence à prendre de la pente en devant, on ne sauroit virer trop vîte; de peur que s'il demeuroit ainsi comme suspendu sur ce haut, il ne lui en arrivât quelque fâcheux accident.
Cette pratique de faire ainsi rouler des vaisseaux assez loin sur terre, n'est pas nouvelle, car on tient que Lisandre de Macedonie en faisoit autrefois passer d'un port à l'autre sur des rouleaux; & Trajan fit charger sur des chariots une flote qu'il avoit devant la ville de Nisibe, ou Nisibin, en Mésopotamie, dans le Diarbech, & la fit transporter par terre jusques à l'Euphrate. On lit encore d'autres histoires qui font mention de quelques entreprises à-peu près semblables.
On voit ici à côté deux figures, l'une d'un vaisseau qu'on lance à l'eau, & l'autre d'un vaisseau qui y a été lancé depuis peu, & à l'arriére duquel l'échafaut est déja placé. Cette derniére figure est la plus basse dans la planche. Dans l'une & dans l'autre on voit jusques à quel point la construction d'un bâtiment est avancée lors qu'on le met à l'eau.
Copyright © 1996 Lars Bruzelius.