Il y a des voiles de différentes espèces et formes dans les [page 173] bâtimens, et même dans un seul vaisseau. Il y a de petites barques qui ne portent qu'une voile, tandis que les gros vaisseaux en ont jusqu'à 46 de formes variées, sur différens mâts, etc. Nous allons en donner une idée.
On connaît, quant à la manière d'être attachées ou tenues, trois sortes de voiles: 1°. Celles qui, par leurs côtés supérieurs, sont attachées sur une vergue; 2°. Celles qui ont un de leurs côtés verticaux fixé le long du mât; 3°. Enfin,celles qui sont sur un cordage, un étai et une draille tendues d'un mât à l'autre. Quant à la forme des voiles, on en connaît de trois façons: les carrées, les trapézoïdes et les triangulaires. Les voiles qui sont tenues sur les vergues sont de trois formes différentes connues, telles que carrées, en trapèze ou triangulaire.
Les voiles carrées, velas redondas, ou de cruz, square-sails, sont ainsi nommées par analogie, quoiqu'elles ne soient pas exactement carrées; elles ont deux de leurs côtes parallèlles entre elles ainsi qu'à l'horizon: les deux autres côtes ne sont pas dans toutes parallèles entre-eux ni perpendiculaires à l'horizon, la plupart des voiles carrées ayant leur base plus grande que le côté supérieur; dans les vaisseaux, il y a autant de voiles carrées que de mâts séparés, à l'exception de la voile du mât d'artimon qui est trapézoîde et de la seconde espèce.
Les voiles carrées sont manoeuvrées par différens cordages connus sous les noms de drisses, d'écoutes, bras, amures, boulins, cargues et palans de ris. (Voyez l'article Gréement, page 127.)
Les voiles triangulaires, qui sont tenues sur les vergues appelées
antennes, sont nommées voiles latines, velas latinas, lateen-sails. Ce
sont les anciennes voiles des latins que nous conservons encore dans la
Méditerranée: ces voiles se manoeuvrent par des ourses semblables à celles
d'artimon; celle de devant est appelée ourse à proue; celle de derrière, ourse
à poupe.
Les voiles auriques, velas de cangreja, shoulder of mutton sails, se
fixent le long du mât, se hissent et s'amènent par le moven de cercles ou
anneaux qui cont fixés sur différens points de leur chute et embrassent le
mât; elles se bordent et prennent le vent d'un seul côté de ce mât; telles
sont les voiles à corne et à gui, comme les voiles de brigantin ou de cutter
et de goëlette, ainsi que les voiles à livarde ou de houari.
Les voiles qui sont tenues sur un étai, une draille ou tout autre cordage
tendu d'un mât à l'autre, se nomment voiles d'étai et focs, velas de estay
y foques, stay sails and jibs. Elles sont pour la plupart triangulaires et
les autres trapézoïdes; elles ont un de leur côté tendu à la mainière d'un
rideau, le long de leur étai respectif, faux-étai, ou d'un cordage nommé
draille qui est placé ad hoc, et suit la même direction que l'étai; on
les appelle, mais improprememnt, voiles latines, à cause de quelque
ressemblance et de leur forme triangualire.
Après avoir donné une idée des espèces et des formes des différentes voiles
employées et en usage sur les bâtimens flottans, sans parler de celles des
barques des pays lointains, dont quelques-unes sont en nattes, d'autres en
tissus de roseaux ou autres, je vais donner à présent la nomenclature de
toutes les voiles d'un vaisseau.
NOTA. Dans les tables des dimensions des mâts, j'ai donné la surface des
voiles des différens vaisseaux espagnols, sans y comprendre les bonnettes ou
voiles d'étai, en mètres carrés. On peut voir la quantité immense de toile que
l'on présente à l'impulsion du vent dans un vaisseau de 120 anglais; je
joindrai la table la table des surfaces des voiles, en mesure métrique, à la
fin de l'article voilure, ainsi que celle d'un bâtiment anglais de chaque
rang, pour établir la comparaison, et comme peu connues.
Si, étant au plus près, la bouline du vent d'un des huniers vient à
manquer, on le carguera, en mettant le point dans la hune d'où on frappera une
autre bouline sans difficulté; si c'était à la vue de l'ennemi, on la
frapperait sans amener le hunier, en affalant un gabier par la drisse de la
bonnette d'hune. Si, de vent largue ou au plus près, le bras du yent d'un des
huniers vient à manquer, on l'amènera sur ses balancines, en le brassant
tout-à-fait sous le vent et à toucher les haubans, on pèsera sur la
cargue-point du vent pour tenir la vergue, et on passera un autre bras.
Si c'est le bras de sous le vent qui a manqué, on amènera le hunier sur ses
balancines, en le brassant au vent jusqu'à le masquer tout-à-fait en pointe;
on pèsera ensuite la cargue-point de sous le vent pour appuyer la vergue, et
on changera ou on épissera le bras sans aucun risque.
Si c'est une écoute d'hune qui a manqué, soit au vent ou sous le vent, on
amènera lestement le hunier, tout en le carguant et le brassant au vent, efin
de mettre les points dans la hune et passer une autre écoute; mais s'il vente,
on bossera le point d'écoute pour qu'il ne joue pas et n'empêche pas de faire
le noeud d'écoute, si elle est simple.
Si la grande amure ou l'amure de misaine venait à casser, on carguerait la
voile le plus vivement possible, après quoi on bosserait le point pour passer
l'amure avec plus de facilité, ou la nouer, si elle était simple: il en serait
de même d'une écoute.
Si un mât d'hune a consenti ou éclaté, ou si l'avaire occasionnée par un
boulet n'est que de quelques pieds au-dessus du chouquet ou au-dessous, et
que, par circonstances, on se trouve sans mât d'hune de rechange, on amènera
le mât avarié jusqu'à ce que la partie endommagée soit en-dessous du chouquet;
on le bridera solidement, par des lieures et des roustures, autour dun ton du
grand mât, tant en-dessous du chouquet que par sa caisse sous la hune; on
remplira bien les vides du chouquet et des barres maîtresses, avec des coins;
on reprendra les haubans et galhaubans, en les racourcissant, et ce mât pourra
porter ainsi son hunier avec un ou deux ris pris. Quand on remplace un mât
d'hune, à la mer, comme l'opération ne diffère de la manière que j'ai indiquée
lors de l'armement, que par les précautions qu'exigent les mouvemens de roulis
et de tangage, il deviendrait à peu près inutile de la répéter ici.
Quand une basse vergue est rompue et que l'avarie est de nature à permettre
de la réparer en place, on assujétira, aussi bien qu'on le pourra, les parties
rompues ou fracassées, et on les jumellera solidement, en fortifiant le tout
par de bounes roustures, reatas, wooldings; mais si l'avarie est telle
qu'il faille nettre la vergue sur le pont, comme quand elle est coupée ou bien
rompue par le milieu ou près du milieu, dans un endroit qui fatigue, après
avoir paré les bouts rompus, s'il y a séparation, on rejoindra les parties au
moyen de boulons en fer, enfoncés dans le milieu de l'intérieur de la vergue,
et de bonnes languettes endentées à fleur de bois, dans des entailles ou
écarts à la flammande creusés dans la vergue, ensuite bien chevillés, cloués
et recouverts de bonnes jumelles; le tout consolidé et affermi par de bonnes
roustures et des lieures solides. Quand l'assemblage est bien fait, une vergue
ainsi réparée en vaut une neuve; elle est seulement un peu plus matérielle. Il
y a plusieurs autres manières; mais celle-ci étant la plus promte et une des
plus simples, je crois qu'elle doit être préférée.
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Transcribed by
Lars Bruzelius
Copyright © 1996 Lars Bruzelius.
Nomes des voiles
…
SUITE des Noms des Voiles
…
Arrimage des Vaisseaux.
&hellip.
De la Natation
…
Des Avaries et des moyens de les réparer.
Si, étant vent arrière, largue ou au plus près, l'itague d'un hunier ou d'un
perroquet vient à manquer, on l'amenera, en le brassant au vent et pesant sur
les cargues jusqu'à ce que la vergue soit supportée par ses balancines; on
changera l'itague cassée ou on l'épissera, et on appareillera de nouveau le
hunier.
Etant démâté de son grand Mât, en établir ou remâter un autre.
Si, par l'effet d'une tempête, les suites d'un combat, un échouage ou tout
autre accident, on a perdu son grand mât, si l'on est à la mer surtout, on se
hâtera de couper de suite les haubans du vent et de sous le vent, le grand
étai et son faux-étai, afin que le mât et son
gréement ne reste pas un instant
le long du bord où il pourrait défoncer le côté ou le
fond du vaisseau; à cet
effet, on n'oubliera pas de couper toutes les manoeuvres du grand mât, tant
courantes que dormantes; on se mettra, si on n'y est pas, à l'allure qui
fatigue le moins le vaisseau; on prendra toutes les précautions pour assurer
les autres mâts. Dès quon se sera débarrassé des
débris et que le tems aura
calmé, on s'occupera à gréer un autre grand mât, soit avec un mât d'hune de
rechange, soit, à son défaut, avec le petit mât d'hune que l'on dépassera,
s'il n'a pas été entraîne dans la chûte du grand mât; ensuite on prendra un on
deux bordages que l'on placera solidement, en les clouant et chevillant
parallèlement à la quille des deux côtés, et sur l'avant du tronçon du
grand mât, pour servir de guide et de coulisse au mâtereau que l'on veut
élever; on épontillera les baux dessous, particulièrement à l'endroit où
reposera le pied ou l'emplanture du mât; on présentera le mât d'hune ou le
mâtereau, en plaçant sa caisse ou pied, à l'endroit où il doit reposer,
et sa tête sur le fronteau d'avant; on frappera à la caisse trois palans: l'un
sur l'arrière, et les deux autres sur les côtés tribord et babord, afin de
l'assujétir provisoirement; pendant le même tems, on garnira le mât de ses
barres, pantoires, poulies d'itagues, de ses haubans, galhaubans et étais; on
frappera deux galhaubans volans: un tribord, l'autre babord, avec des palans,
pour servir de gui au mât, quand on l'élevera; on y ajoutera un franc-funin à
tête du mâtereau, dont le courant passera dans la poulie d'étai d'hune, ou
toute autre, sous la hune de misaine, pour aider à élever la tête du mât. Tout
étant disposé, on distribuera tout le monde sur ses galhaubans volans ou guis,
ainsi que sur les haubans et galhaubans, et le franc-funin du lève-nez, en
halant tout ensemble,on dressera le mât; après quoi, au moyen des palans de
rappel de la caisse, on la placera à toucher le tronçon avec lequel on
l'assujétira par trois ou quatre bonnes roustures, suivant la longueur du
tronçon, et on lui fera sa carlingue en remplissant les vides entre la
caisse et les bordages de la coulisse par des coins. cette opération achevée,
on gréera un mât de perroquet sur ce nouveau bas mât, et une vergue de hune
avec une vergue de perroquet pour grande vergue et vergue de hune.
Pour remplacer le Mât de misaine, quand on l'a perdu par un démâtage.
Si on démâtait inopinément de son mât de misaine, après s'être d'abord occupé
de se débarrasser des débris du mât, en coupant vivement son gréement, comme
je l'ai dit plus haut, on mettrait de suite à la cape, sous le foc d'artimon,
en assujétissant, sans moindre délai, le grand mât, le mieux possible; on
préparerait un mât d'hune de rechange, et, à son défaut, on amènerait et
dépasserait le grand mât d'hune, pour servir de mât de misaine; à la calmie,
on le gréerait et le mâterait de la même manière qu'il a été dit, à la seule
différence près qu'on placerait la tête du mât sur le fronteau d'arrière, de
devant en arrière, afin de pouvoir l'élever à l'aide du franc-funin passé dans
une poulie de guinderesse aiguilletée sous les grands élongis; si on avait
encore une longue traversée à faire, il serait plus
expéditif de démâter le
mât d'artimon, pour servir de mât de misaine; et le mât de perroquet de fougue
servirait de petit mât d'hune; on remplacerait le mât d'artimon par un mât
d'hune.
Pour remplacer et mâter un Beaupré, quand on l'a perdu.
Aussitôt que l'accident aura eu lieu, on arrivera vent arrière, si on n'y est
pas, en coupant d'abord l'étai du petit mât d'hune, celui de misaine et de
petit perroquet, ainsi que toutes les manoeuvres qui pourraient fatiguer la
mâture de misaine, et l'exposer, en travaillant; on frappera tout de suite les
caliornes de misaine sur les bossoirs, en les croisant et les passant sur
l'arrière du mât de misaine,pour le mieux assujétir; il serait même prudent de
caler le petit mât d'hune, jusqu'à ce que le noveau beaupré soit en place et
assujéti. Les circonstances du tems détermineront cette nécessité; on
établira, en attendant, les étais de misaine, autant en-dehors que possible,
sur le tronçon du beaupré; après avoir garni le mât d'hune ou mâtereau
qui doit servir de nouveau beaupré, on présentera sa tête en la passant sous
le fronteau d'avant et au milieu; on y capellera deux palans à pantoires pour
lui servir de gui et aider à le sailler dehors, au moyen de deux palans de
bout frappés sur la caisse du mât; on lui passera aussi un étai en léve-nez,
pour le soutenir; et, quand il sera poussé en place, on assujétira son pied
par de bonnes roustures au tronç du mât perdu; enfin, après avoir fait
des lieures et passé des sous-barbes, on établira les étais de misaine, du
petit hunier et du petit perroquet; on y géera les focs, en y passant les
boulines des voiles de l'avant, dans les poulis qu'on y aura aiguilletées.
Pour gréer des Mâtereaux, quand on a perdu tous ses Mâts.
Quand on aura le malheur de perdre tous ses mâts, on mâtera les deux mâts
d'hune de rechange, si on les a conservés: le grand pour grand mât. le petit
pour mât de misaine, avec leurs vergues ou celles qu'on a pu sauver, pour
basses vergues; on mettra, pour servir de mâts d'hune, des mâts de perroquet
de rechange, ou les plus forts mâtereaux ou espars qui restent à bord; faute
d'autres, on emploierait les mâts de la chaloupe: enfin, dans une circonstance
si malheureuse, on doit tirer parti de tout et sauver, si l'on peut,
quelques-uns des mâts perdus. Il faut commencer par mâter le grand mât; après,
le beaupré; ensuite, le mât de misaine; et, le dernier de tous, le mât
d'artimon. On ne peut préciser tous les cas dans des circonstances aussi
critiques, mais ce que j'ai dit plus haut, joint à l'expérience du chef et des
officiers, suppléera à de plus amples détails: on doit sentir combien il est
précieux de sauver les débris de sa mâture, lorsque cela peut se faire sans
danger.
Couper les Mâts.
…
Babron, J.B.A.: Précis des pratiques de l'art naval, en France,
en Espagne et en Angleterre, donnant, pour les trois marines,
les termes techniques, les commandements et des vocabulaires
en franç.ais, espagnol et anglais; des tables des dimen
de la mature; les proportions du gréement, etc., pour chaque
espèce de vaisseau de guerre ou de commerce; les manoeuvres
particulières, les évolutions; la description des pavillons
de toutes les nations, etc., etc.; quelques découvertes
récentes, avec des planches d'apres les dessins de l'auteur.
L'Imprimeri de Michel, Brest, 1817. 8vo, 16.5x9.5 cm,
(8), viii, 498, (2) pp, ill., 1 plate.
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